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Une mobilité durable qui ne laisse personne au bord du chemin

Publié le 21 septembre 2026

Les véhicules électriques et hybrides sont parfois plus difficiles à détecter à basse vitesse, ce qui peut poser des difficultés aux personnes aveugles et malvoyantes. Pour mieux documenter cette problématique, la Ligue Braille a mis l’institut Vias en contact avec plusieurs de ses bénéficiaires afin qu’ils puissent participer directement à l’étude. Une démarche de co-construction qui a permis de confronter les résultats scientifiques à l’expérience vécue sur le terrain.

Des véhicules plus difficiles à détecter à basse vitesse

L’étude de Vias montre que les véhicules électriques et hybrides peuvent être plus difficiles à détecter à basse vitesse, notamment pour les personnes aveugles et malvoyantes. Au total, 70 personnes ont participé aux tests, dont la moitié étaient aveugles ou malvoyantes.

À 10 km/h, les participants n’ont pas détecté 27 % des véhicules thermiques, contre 38 % des véhicules hybrides et 32 % des véhicules électriques. À 20 km/h, ces chiffres étaient respectivement de 11 %, 18 % et 7 %.

Le phénomène intervient dans un contexte où la part des voitures électriques et hybrides en Belgique est passée d’environ 3 % à plus de 20 % en cinq ans.

Une étude nourrie par l’expérience des personnes concernées

La Ligue Braille a joué un rôle actif dans la réalisation de cette étude en mettant Vias en contact avec des bénéficiaires directement concernés par la problématique.

Cette collaboration s’inscrit dans une démarche de co-construction : les personnes aveugles et malvoyantes ont pu participer aux tests, partager leur expérience et faire remonter les difficultés qu’elles rencontrent au quotidien. Leur expertise vécue vient ainsi compléter les données recueillies par Vias.

“Tant nos usagers que nos instructeurs et instructrices – qui sont chargés d’apprendre les trajets aux personnes en situation de handicap visuel et de circuler en toute sécurité – le constatent au quotidien. On est pour la transition vers une mobilité durable, mais elle ne doit laisser personne au bord du chemin. Les personnes aveugles ou malvoyantes doivent continuer à traverser et à se déplacer en toute autonomie.” Khadija Tamditi, Chargée de plaidoyer

Vers des sons plus audibles et plus uniformes

Les véhicules électriques et hybrides sont équipés d’un système d’alerte sonore, l’AVAS (Acoustic Vehicle Alerting System), qui émet un son à basse vitesse. Mais Vias constate des différences importantes entre les systèmes selon les constructeurs et recommande notamment d’augmenter le niveau sonore minimal et de mieux harmoniser les sons utilisés, tout en évitant de créer une pollution sonore.

Pour la Ligue Braille, il est essentiel que la transition vers une mobilité plus durable s’accompagne de mesures garantissant la sécurité et l’autonomie de tous les usagers.

“Il ne faut donc pas qu’il y ait de recul qui soit induit par les changements qui s’opèrent dans la ville. Car on sait que le nombre de voitures électriques aura tendance à augmenter. Il y a aussi les bus et les trottinettes électriques. Il est impératif de pouvoir maintenant légiférer sur le volume et l’uniformisation du son, et donc de prendre les mesures nécessaires pour ne pas se retrouver dans quelques années et se dire que c’est trop tard.”

Une mobilité durable, mais aussi inclusive

La transition vers une mobilité plus durable est une évolution nécessaire, mais elle doit être pensée avec toutes les personnes qui utilisent l’espace public.

En associant l’expertise scientifique de Vias à l’expérience de personnes aveugles et malvoyantes, cette étude montre l’importance de prendre en compte les besoins des usagers concernés dès la conception des solutions de mobilité.

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