Monique Vantornhout

"Je préfère aider les autres que d'être aidée."

La liberté et l'autonomie sont indispensables dans la vie de Monique, âgée de 76 ans. C'est pourquoi, très jeune déjà, elle décide de ne jamais se marier. Elle se dit très rebelle, mais n'a toutefois jamais osé braver l'interdit. A l'âge de vingt-sept ans,elle quitte sa province de Flandre Occidentale pour devenir gouvernante de 3 enfants, dans une famille à Spa, au sein de laquelle elle se met aussitôt à parler le français. Après quelques pérégrinations, elle s'installe définitivement à Bruxelles en 1968.

Monique Vantornhout

Autour de la cinquantaine, Monique commence à avoir des problèmes à l'œil gauche. Quand en 2004, son œil droit pose également problème, elle entre en contact avec la Ligue Braille, via le Service social. "La Ligue Braille m'a immédiatement prise en charge. Par reconnaissance, j'y suis rapidement devenue volontaire. Je préfère aider les autres que d'être aidée", dit-elle. "J'étais d'ailleurs tellement contente de pouvoir faire quelque chose en retour, qu'au début, je n'osais même pas dire que j'éprouvais des difficultés à réaliser telle ou telle tâche en raison de mon problème de vue."

Monique aide maintenant la Ligue Braille depuis des années. Chaque mardi, elle est présente. Avec d'autres volontaires, elle travaille principalement pour le Brailleshop. Elles emballent avec précaution montres parlantes, jeux de cartes en grands caractères, pâte à marquer et autres petites aides techniques qui ont été commandées par les personnes aveugles et malvoyantes et qui doivent être expédiées.

En période de Tombola de la Ligue Braille, elle donne également un coup de main pour la mise sous enveloppe des billets de tombola. Elle a donc certainement déjà du manipuler tout un tas de numéros gagnants !

De temps en temps, on voit aussi Monique dans l'un ou l'autre stand de la Ligue Braille, comme par exemple cette année à Rimpelrock.

Lorsque nous demandons à Monique quel est son meilleur souvenir en tant que volontaire à la Ligue Braille, elle ne doit pas réfléchir longtemps : " Le Brailleday 2011 au cirque Pauwels a été une journée inoubliable. J'ai énormément apprécié l'échange avec les enfants déficients visuels. J'ai moi-même du apprendre à vivre avec ma vision limitée. Les visages heureux de ces petits enfants m'ont procuré une joie immense et m'ont fait monter les larmes aux yeux. Je n'oublierai jamais cette journée". Monique a même installé une photo du Brailleday en fond d'écran sur son ordinateur. Elle adore les enfants et les personnes âgées. Inutile de préciser qu'elle entretient d'excellents rapports avec sa voisine de 98 ans.

On comprend très vite que Monique est une septuagénaire très active. A côté de ses activités bénévoles à la Ligue Braille et dans un centre de jour pour personnes âgées démentes, elle participe chaque semaine à une séance de gymnastique pour seniors et fait régulièrement du vélo. Dernièrement, elle a fait une balade à vélo de 25 km. "Pas en tandem, parce que cela limiterait mon autonomie, je préfère simplement suivre mon guide. J'ai toujours été sportive. Pendant des années, j'ai fait du basket, mais j'ai du arrêter cette activité à cause de mon handicap visuel."

Nous espérons côtoyer Monique encore de nombreuses années à la Ligue Braille !