Joëlle De Mesmaeker

Joëlle De Mesmaeker : tout sourire dans le volontariat multi-tâches.

La petite cinquantaine – « mais 21 ans de coeur et d'esprit ! », précise-t-elle avec son grand et chaleureux sourire – Joëlle De Mesmaeker est volontaire à la Ligue Braille depuis bientôt 3 ans. Avant cela, elle travaillait à La Poste, comme responsable d'un bureau à Anderlecht. Atteinte de la maladie de Stargard, sa vue a soudainement baissé et elle ne parvenait plus à lire les n° de comptes et autres données sur écran. Mise en congé de maladie, puis déplacée au service des archives pour finalement se retrouver sous statut d'invalidité, elle est tombée par hasard sur une annonce de la Ligue Braille qui cherchait des volontaires. « Je me suis dit : pourquoi pas ? J'ai du temps, j'ai toujours eu la fibre sociale et au moins à la Ligue Braille on tiendra compte de mon problème visuel. »

Joëlle De Mesmaeker

Issue d'une famille 'd'echte brusseleer', Joëlle a un atout majeur : elle est excellente bilingue ! « Mes parents parlaient bruxellois. Nous habitions Schaerbeek et ils aimaient beaucoup la côte belge. Nous y allions tous les ans en vacances et plus tard, tous les week-end. C'est comme ça que j'ai appris le néerlandais. » Autre avantage, sa grande polyvalence qui lui vient des métiers successifs qu'elle a exercé : téléphoniste-réceptionniste, assistance commerciale, guichetière, responsable de bureau à La Poste,… Des emplois où la fibre sociale, la capacité d'adaptation et le sens du contact sont essentiels. Et cela explique l'aisance avec laquelle Joëlle exerce son volontariat « multi-tâches » à la Ligue Braille. « Je viens 2 jours par semaine – plus les extras ! - et je donne un coup de main pour le travail administratif, pour la tenue des stands, à la réception pendant les congés de l'équipe d'accueil, pour l'accueil lors du BrailleTech ou encore pour le Brailleday. J'ai aussi fait du classement au Service social pendant tout un temps. J'ai été très bien accueillie à la Ligue Braille et me suis tout de suite sentie à l'aise. J'ai beaucoup appris et les collaborateurs sont attentifs à mon problème visuel : ils me demandent si je n'ai pas besoin de plus de lumière, si je ne suis pas éblouie, … C'est appréciable ! »

A présent, Joëlle connait tout le monde à la Ligue Braille ! Très sociable, elle aime aider les gens sans pour autant se laisser marcher sur les pieds : « J'aime le travail d'accueil et de contact. On croise des tas de gens, il faut les orienter, expliquer, répondre à leurs questions, écouter ce qu'ils ont à raconter, un peu jouer au gendarme parfois, bref être toujours gentille, mais ferme. 

Quand je tiens un stand, j'essaye de sensibiliser les gens, de leur expliquer ce qu'est la malvoyance, et croyez-moi, ce n'est vraiment pas facile de faire comprendre comment on voit mal ! » Elle vient à la Ligue Braille comme elle irait au travail, « mais seulement avec le bon côté du travail, précise-t-elle. C'est le grand avantage du volontariat : pouvoir faire vraiment ce à quoi on aspire, avoir la liberté de choisir et de fixer des limites. Cela me permet d'accomplir toutes mes tâches avec plaisir, jamais à contre coeur. »

Son meilleur souvenir ? Elle répond sans hésiter : « Le Brailleday 2011 qui a amené les enfants aveugles et malvoyant à la découverte du Cirque ! Cette journée m'a fait très chaud au coeur. C'était merveilleux de voir tous ces enfants jongler avec une balle, marcher en équilibre sur un câble, etc. Le bonheur de réaliser ces performances d'ordinaire impossibles pour eux se lisait sur leur visage et c'était très émouvant. J'ai accompagné toute la journée une petite fille aveugle qui ne parlait pas, mais qui s'exprimait par des sourires, des étreintes, des gestes,… nous nous sommes spontanément comprises et j'ai eu un pincement au coeur en la quittant à la fin de la journée. »